Nouvelle


Auteur(s) :

Mario HEIMBURGER

Illustrateurs(s) :

Elisabeth THIERY


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...écrits par Mario HEIMBURGER

...illustrés par Elisabeth THIERY


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(un service Yahoo)

Eastenwest > 20 - 5 ans déjà !



Trouver le sommeil

1ère nuit

C'est un soir où je cherchais le sommeil que je l'ai rencontré.

Les bruits de la rue remontaient le long du balcon, se déversaient dans la chambre et me plongeaient dans un univers imaginaire agaçant. J'imaginais le déplacement des voitures en conformité avec leur son. Je voyais le regard alcoolisé des râleurs de minuit. Un chat dont j'entendais le miaulement rauque prit évidemment la teinte grise, et toutes ces images se conjuguaient dans la pénombre, formant un véritable univers parallèle, rien que par la force de mon ennui.

La fatigue me rendait nerveux. Je me tournais et me retournais, heurtant parfois malencontreusement Céline qui lâchait alors une protestation étouffée par les draps et l'oreiller, mais qui ne parvenait même pas à la réveiller. Je devais me faire violence pour ne pas forcer mes mouvements et la condamner à subir la même insomnie. Il paraît qu'on supporte mieux un malheur qu'on partage.

Et alors que j'hésitais à me relever, utilisant une soif inexistante comme futile excuse, je le vis installé là, me regardant avec curiosité.

Il était plutôt petit. La lueur du lampadaire de la rue, agressant ses cheveux pâles en désordre, dessinait derrière lui des ombres folles et agitées. Son regard, fermement posé sur moi, exprimait de la curiosité, et aussi une espèce de crainte. Son visage lunaire était creusé de sillons par sa perplexité, et alors qu'il devint clair pour lui que je l'avais repéré, il pencha légèrement la tête vers la gauche, toujours muet.

Après avoir opté un temps pour l'immobilisme le plus prudent, je me rendis compte que cette tactique ne menait pas à grand-chose, et ne réglait en rien ni le problème de sa présence, ni le problème de l'absence de sommeil. Je n'en avais encore qu'une intuition vague, mais ces deux problèmes étaient intimement liés.

Décidant de prendre les choses en main sans faire appel à la fermeté parfois extrême de ma concubine, je murmurai, en détachant mes syllabes :

- Que faites-vous là ?

J'essayai de paraître sûr de moi, mais essayez donc de rendre un murmure autoritaire ! De fait, il ignora complètement ma question et se contenta de m'en retourner une fort singulière :

- Vous... (il était au bord du bégaiement) vous m'avez réellement ad-dd-ressé la parole ?

- La réponse n'est-elle pas évidente ? Et qui êtes-vous d'abord ?

J'avais beaucoup de mal à me positionner à mon avantage. Même en me redressant sur un coude, je restais un homme en pyjama, sous une couette, couché devant un intrus nocturne. Et l'attitude incertaine de l'étranger me rendait difficile d'être agressif. Pour tout dire, il avait l'air aussi perdu que moi. Enfin, si l'on oublie que je savais parfaitement où je me trouvais !

- Oh ! C'est que vous êtes la première personne depuis des années à me parler, voyez-vous. J'ai tenté de me lier avec votre femme...

- Nous ne sommes pas mariés (le coupais-je : un vieux réflexe...). Mais attendez ! Vous connaissez ma compagne ?

- Pas vraiment, pas vraiment, répondit-il rapidement, sur la défensive. Elle m'a ignoré, comme tout le monde. C'est compliqué... les gens que je rencontre ont une fâcheuse tendance à voir des sapins griller sous les montagnes, et des lapins mauves courir le long de leurs skis tandis qu'ils escaladent une montagne d'ordures et...

... l'instant d'après, ma couverture s'envola et vint s'écraser au bas du lit. Un éclair aveuglant m'arracha un gémissement et je me recroquevillai instantanément sur moi-même en fermant les yeux. Un baiser sur ma joue mal rasée me laissa pantois.

Debout, espèce d'ours ! L'hiver est encore loin, et tu vas être en retard à ton travail...

Complètement désorienté, je gagnais la cuisine pour oublier mes délires insensés dans un grand bol de café bien fort...

2ème nuit

Je me rejetais de côté, assez mécontent de moi-même. On a beau dire que le sexe n'est pas une compétition, il y a des fois, on se sent moins bon que d'autres. Complètement épuisé (les insomnies n'aident pas), je m'extirpai malgré tout du lit pour aller prendre une dernière douche.

- Tu sais que tu as parlé pendant ton sommeil, cette nuit ?

Nu sur le pas de la porte de la chambre, j'essayais de trouver une réponse intéressante et pertinente. Je ne me souvenais même pas d'avoir dormi, alors parlé ? Peut-être qu'en effet, j'avais dormi. Peut-être qu'en effet le visiteur nocturne n'était qu'un rêve et que je me suis adressé à lui en dormant. Je voulais vraiment répondre, mais Céline dormait déjà. J'ai toujours admiré cette façon de sombrer, quasi-instantanément. Je n'ai jamais su le faire.

Le jet d'eau chaude me fit du bien. Je n'arrivais toujours pas à rassembler mes idées, mais je décidai de passer l'éponge (c'est le cas de le dire !) sur toute cette bizarrerie. Mais en repoussant le rideau de douche, il était en face de moi.

Il portait le même costume gris terne que la veille. S'il avait été nu, j'aurai sans doute poussé un cri de pucelle outrée, mais à la place de ma voix, ce fut mon pied qui prit des initiatives malheureuses en glissant sur le carrelage. Au prise d'un ultime effort, je me rattrapai à l'évier, mais le mal était fait. Ridicule, je tentais de retrouver une certaine dignité face à ce visiteur agaçant. Je regardais autour de moi, doutant fortement que la brosse à dents fasse une bonne arme de défense et après une intense réflexion, je m'avouai vaincu et me contentai de draper ma nudité dans une serviette de bain.

L'inconnu me regarda avec un grand sourire béat. Le silence s'éternisa. N'ayant rien de mieux à faire, je commençais à me sécher, feignant de maîtriser parfaitement la situation...

- Merci

- pardon ?

- Merci, répéta-t-il. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureux !

Je roulai des yeux, cherchant mes mots. Comment lui expliquer en toute diplomatie que je suis plutôt attiré par les formes douces et rondes d'une femme ? Heureusement, il ne m'en laissa pas le loisir :

Voyez-vous, je suis parfois un peu ennuyeux (ne rien dire), c'est dans ma nature un peu dérangeante (ne pas le contrarier). J'ai rencontré beaucoup de gens, vous savez, mais très peu comme vous (rester maître de soi-même). Votre femme, par exemple, est beaucoup moins intéressante (faire au moins semblant). Je vous ai troublé avec mon histoire d'éléphant, hier soir, non ? C'est que je ne sais pas très bien si vous en avez saisi le sens. Je parle souvent par métaphores, et...

Pendant qu'il parlait, j'avais achevé de me sécher, et je revêtis mon pyjama. Habillé, je sentais la confiance revenir.

- ... par exemple en utilisant le mot " lampe ". Je sais que cela évoque chez vous beaucoup de choses, nuages, musique, ciseaux et autres éléments liés, mais je ne suis pas sûr que le schéma d'ensemble soit tellement clair. J'essaie depuis longtemps de trouver cette combinaison ultime, et je pense que ça a quelque chose à voir avec des canards qui font de la luge, mais sans être tout à fait sûr que...

- Veuillez sortir de chez moi.

- Pardon ?

Il me regarda, interloqué. Repassant de son état de babillage éclairé au terne de la nuit dernière. Voyant qu'il ne comprenait pas, je rassemblais tout l'air vaporeux de la salle de bain et haussais la voix jusqu'à presque crier :

- Sors de chez moi !

On frappa à la porte de la salle de bain.

- qu'est-ce qui se passe ? demanda Céline depuis l'autre coté.

J'entrebâillais la porte, m'assurant qu'elle portait bien sa chemise de nuit avant de l'ouvrir complètement. D'un geste grandiloquent, je désignai l'inconnu tout en commençant un " Il y a que " rageur. Mais l'inconnu n'était plus là.

Désemparé, je tournai mon regard vers Céline. Son expression était celle du chaton blessé.

- je le savais. Tu n'as pas aimé...

Je ne sus quoi répondre. Tous deux, nous regagnâmes notre lit où nos silences faussement endormis trompèrent la nuit pendant plusieurs heures encore...

Le lendemain

Lorsque je suis arrivé au travail le lendemain, avec ma demi-heure de retard désormais habituelle, j'avais peine à regarder mes collègues dans les yeux en saluant. D'abord parce qu'ils étaient tellement cernés que je m'attendais à chaque instant à ce qu'ils se rendent, ensuite parce que je craignais qu'il ne lise dans la petite parcelle de mes yeux qui restait visible la folie qui me hantait depuis ces deux dernières nuits.

Malgré tout, ce jour, je mis tout mon enthousiasme au service de mon travail. Jamais je n'avais abattu mes synthèses comme aujourd'hui, classant les dossiers aussi vite qu'ils m'étaient soumis, copieusement annotés de conseils pertinents et de phrases pleines de sens !

Vers 11 heures, après avoir déjà avalé une bonne dizaine de cafés serrés, je sentis un désagréable picotement dans ma nuque alors que je biffais d'un marqueur décidé toute une partie de la recette de produit qu'on m'avait confiée. Je n'eus pas vraiment besoin de me retourner pour deviner que l'homme qui anéantissait mes nuits avait décidé de me harceler également dans mon dernier lieu de liberté. Je posai calmement mon stylo, observait les réactions de mes collègues (il n'y en eut pas), et restai immobile, fermement décidé à ne pas remarquer mon tortionnaire.

Sans se démonter, ce dernier fit le tour de mon bureau et s'assit en face de moi.

- Ca m'a fait beaucoup de peine, hier soir, vous savez.

Mes yeux, soudainement libérés de leur prison de chair semblaient vouloir rouler sur le bureau et ma réponse outrée resta coincée dans la gorge où elle fut transformée en toux maladive. Je repris toutefois rapidement ma respiration.

- Vous êtes vraiment gonflé. Vous débarquez chez moi la nuit, vous me rendez fou avec vos questions et remarques idiotes, et vous vous attendez à ce que je vous accueille avec le sourire ?

- Je vous croyais différent. Voyez-vous, quand on est dans ma situation, fort gênante, on cherche du réconfort partout.

- Mais qui êtes-vous à la fin ?

- A la fin, plus grand-chose, en fait. Et au début, une chose amorphe en devenir. Vous croyez que c'est facile à supporter ? Je passe chaque nuit (et même le jour chez les ouvriers et les jeunes, notamment) pour rencontrer des gens qui ont besoin de moi, et tout ce qu'ils trouvent à faire, c'est de m'ignorer totalement !

- Attendez, je ne comprends pas très bien... Vous êtes en train de me dire que je ne suis pas le seul que vous harcelez ? Vu le temps que vous passez chez moi, c'est presque impossible.

Il haussa les épaules.

- Impossible, impossible. Pendant longtemps, même moi j'ai cru que les volcans crachant des cigares étaient impossibles. Et puis un jour, j'en ai vu...

J'essayais de me représenter à quoi pourrait ressembler un tel volcan, et l'image qui me vint à l'esprit fut assez convaincante. Oh oui, même l'odeur était là...

Mais cette odeur me fit tourner la tête, tandis que la fumée semblait brouiller ma vision. Je devinais à travers la perspective soudainement incompréhensible la silhouette massive de Monsieur Arnicol, mon patron.

- Venez dans mon bureau avec moi.

Comme un somnambule, je le suivis sous le regard compatissant de mes collègues, à peine conscient que les lettres du clavier de mon ordinateur s'étaient imprimées sur ma joue durant mon absence ensommeillée.

Je m'assis sur la chaise inconfortable tandis que lui se glissait dans son fauteuil en cuir. Une table vide, à l'exception d'un dossier que je connaissais bien pour l'avoir eu en main pendant la matinée, nous séparait.

- Lisez ! (le ton était neutre. Mauvais signe).

J'essayais de relire ma propre écriture dans la marge : " Le père Eustache ferait mieux de revoir sa prise de drogue avant de rectifier la découpe de sa tôle. Ce dossier n'est qu'un ramassis de verdure débridée, taillant un costard de linceul à une mouche qui n'en demandait pas tant. Définitivement à abandonner. "

- Mmh... certes, c'est un peu... décousu, mais la conclusion est très claire, non ?

Arnicol posa son cigare dans le cendrier (très mauvais signe).

- Ecoutez. Que vous vous endormiez au travail, passe encore. Ca peut s'expliquer. Que vous parliez de volcans en dormant ne me regarde pas. Mais que vous écriviez des absurdités sur les dossiers de nos clients, ça va un peu trop loin, vous ne trouvez pas ?

Que voulez-vous répondre à ça ?

- Oui, Monsieur. Je ne comprends pas très bien...

- Allez voir un médecin. Et plutôt que de venir saboter notre travail, demandez lui de vous arrêter quelques jours. Vous pouvez sortir.

15 heures, après le travail !

Je n'aime pas le sourire de mon docteur. Je ne l'ai jamais aimé. C'est un sourire qui passe à la fois par-dessus et par-dessous ses lunettes et qui donne l'impression que la science n'est qu'une immense farce.

- Vous êtes un peu fatigué, c'est tout... dit-il en faisant pétiller son œil droit.

Comment parvient-il à faire une telle chose ? Fatigué ! Tout le miracle de la médecine est là : vingt euros pour vous entendre dire que vous êtes fatigué. Mais on ne discute pas face à un médecin. On l'écoute religieusement. Ces doctes savants sont le clergé d'aujourd'hui. Et le don est soigneusement tarifé.

- Voyez-vous, les insomniaques alternent généralement deux phases très distinctes. La période d'insomnie à proprement parler, et une période d'hypersomnie. Comme si le corps voulait rattraper le sommeil perdu, mais sans jamais y arriver.

Dit comme cela, le corps et les mystères de son équilibre se résument à un joli conte pour enfant. Je pris l'ordonnance et l'arrêt de travail qu'il me tendit, il prit les billets de mon autre main. Et nous fûmes quittes. Ou presque.

Il ne pouvait jamais s'en empêcher : le cadeau bonus en fin de consultation, comme pour récompenser le patient. Le dernier conseil avant de partir.

- L'insomnie n'est pas une fatalité, vous savez. Faites du sport ! Vous verrez que vous vous endormirez beaucoup plus facilement.

Je marmonnais un " merci docteur " peu convaincu tandis que la porte se refermait déjà derrière moi.

Mais allez donc faire du sport sereinement quand pendant tout votre footing vous êtes accompagné d'un étranger qui ne cesse de vous parler de canoës volants et de tipis vomissant des rivières de jus de groseilles ! Même lorsque je me réveillais sur un banc où j'avais sans aucun doute dû m'assoupir, il était là. Avant, et après le réveil. Pendant le sommeil. Tout le temps. Je me suis abruti de sport jusqu'à la nuit tombée. Et c'est un binôme de policier qui m'a finalement conduit jusqu'à mon appartement, après m'avoir ramassé dans un buisson du parc où je subissais depuis une éternité un discours étonnamment clair sur une course qui ne s'arrêtait jamais, une lutte sans fin pour la survie, une recherche de sens au bout de la nuit.

Céline écouta patiemment le récit des policiers avant de me rejoindre dans le salon et de s'asseoir à mes côtés sur le canapé. Mon inconnu était absent. Le silence qui régnait dans la pièce était assourdissant. J'en frissonnais de plaisir. L'image que je devais renvoyer en cet instant n'eut pas l'air de plaire à mon amie. Elle ne dit rien de longues minutes encore.

- Si je peux faire quelque chose, tu me le dirais, n'est ce pas ? finit-elle par lâcher dans un souffle.

Je la pris dans mes bras, mais je ne pouvais rien dire de plus.

J'entendais déjà mon inconnu familier monter les escaliers, ouvrir la porte et me lancer un "ah, vous êtes rentré" joyeux. Céline ne l'entendit pas, évidemment. Elle dormait déjà sur mes genoux, les yeux rougis par les larmes. Je lui caressais les cheveux, tendrement. Je les caressais ainsi toute la nuit, immobile dans le salon. Mon compagnon si bavard n'a pas cessé un instant de débiter ses discours désordonnés. Que cherchait-il à me dire ? J'avais déjà abandonné l'idée de comprendre. Et tandis qu'il divaguait, je laissai mon esprit glisser le long de ses intonations, en pauvre touriste, avant de découvrir que j'étais le seul à pouvoir me sortir de là. Et je savais même comment.

Deux semaines après

J'étais heureux ! Aussi heureux que je pouvais l'être. J'avais définitivement abandonné toute idée de sommeil. Il était encore là, évidemment, débitant ses salades. Mais cela n'évoquait en moi que le son d'une voiture qui passe dans la rue, ou d'un chat qui feule. Je plaquais sur les mots des mondes imaginaires, observant avec délices les volcans qui émergeaient de la station de métro, ou les canards boiteux qui mendiaient à la sortie des églises en agitant leurs becs chromés d'un signe implorant à toutes les autruches qui passaient.

Céline me parlait parfois, mais je ne pouvais que lui sourire. Car si je lui prêtais attention à elle, dans quel piège pourrais-je encore tomber ? Qu'est-ce qui m'empêchait de finir couvert de goudron ou de saucisses à mon tour ?

Ils pensaient tous que je n'entendais plus rien. Mais je voyais le monde comme jamais. Le docteur a tenté de m'expliquer que j'avais contracté une maladie très rare. Une maladie qui - il ne comprenait pas - était normalement uniquement héréditaire. En effet, docteur, vous ne comprenez pas. Moi je comprenais. C'est la revanche de l'esprit sur la science. La compréhension soudaine.

A Céline, il expliqua que cette maladie se déclenchait brutalement. Que le malade ne dormait plus. Son cerveau ne se reposait plus jamais, et après les hallucinations, il finissait invariablement par mourir. " Il n'y a que un ou deux cas par an dans le monde ! ". C'est totalement improbable.

Mais savez-vous réellement ce qui est improbable, docteur ? Il est improbable que les facteurs aient des dents. Il est improbable que la pluie tombe de biais. Il est improbable que l'on prête attention au sommeil qui vient.

Oh, bien sûr, si j'avais le choix, je dormirai. Mais certains choix, on ne les a qu'une fois. Et si vous aussi, un jour, vous sentez le sommeil proche, ne faites pas comme moi : ne lui prêtez pas attention. Ignorez-le, et n'écoutez pas ses babillages. Car le sommeil nous cherche parfois autant que nous le cherchons. Et qui cherche, dit-on, finit toujours par trouver...